TM 300FI EN de Zach Pichon : les détails d’une moto d’EnduroGP
La TM 300FI EN utilisée par Zach Pichon en EnduroGP 2026 est plus proche du modèle client qu’on pourrait l’imaginer. Sa préparation ne repose pas sur un moteur méconnaissable, mais sur une série de choix très précis : bras oscillant…

La TM 300FI EN utilisée par Zach Pichon en EnduroGP 2026 est plus proche du modèle client qu’on pourrait l’imaginer. Sa préparation ne repose pas sur un moteur méconnaissable, mais sur une série de choix très précis : bras oscillant allongé de 10 mm, suspension réglée pour le pilote, fourche KYB Special, silencieux de motocross et protections Boano. Les millimètres comptent autant que les chevaux.
Une 300 quatre-temps au cœur du programme TM Boano
Le catalogue TM 2026 associe officiellement Zachary Pichon à la TM EN 300 4T du Team Boano Factory et rappelle son titre italien d’enduro 2025. La machine observée par Enduro21 lors de la finale 2026 reprend cette base. Elle évolue dans la catégorie E2 et accompagne l’un des pilotes les plus rapides du championnat.
Le premier enseignement est rassurant pour les propriétaires : la moto de Grand Prix ne repose pas sur une architecture inaccessible. Le travail porte sur l’équilibre, la stabilité et le ressenti du pilote. Cela ne signifie pas que la machine est identique à celle du concessionnaire, mais que la performance vient aussi d’une base bien choisie et longuement mise au point.
Dix millimètres de plus au bras oscillant
La modification la plus singulière est un bras oscillant allongé de 10 mm. La différence est difficile à remarquer à l’œil, mais l’équipe lui attribue davantage de stabilité. Les autres pilotes TM Boano — Cavallo, Elgari et Verzeroli selon la source — préféreraient eux aussi cette géométrie.
Allonger l’empattement peut calmer les réactions de la moto dans le rapide et améliorer sa motricité. Le compromis concerne généralement l’agilité. Dans ce cas, Pichon compense par un réglage de fourche très souple qui charge l’avant et favorise l’inscription en virage. Ce couple de réglages illustre une règle fondamentale : une modification de géométrie ne se juge jamais isolément.
Fourche KYB Special et amortisseur adapté
À l’arrière, la biellette et l’amortisseur restent proches de l’équipement standard, avec un tarage et une hydraulique adaptés au pilote. À l’avant, Pichon utilise la fourche KYB double cartouche « Special » proposée dans les options montées en usine par TM. Ses tubes reçoivent un traitement DLC destiné à réduire les frottements.
La fourche est installée dans des tés usinés CNC. Malgré sa vitesse, le Français choisirait un réglage particulièrement souple. Cette information va à l’encontre de l’idée simpliste selon laquelle un pilote rapide roule nécessairement avec des suspensions très dures. Le réglage dépend du style, du transfert de masse recherché, des spéciales et de l’équilibre complet de la moto.
Un moteur presque standard
Le moteur provient de l’usine TM et resterait très proche de la série, hormis un travail de finition sur la culasse. Pour gagner en réponse, la moto utilise un silencieux de motocross emprunté à la 250 MX. L’absence de marquage d’homologation européen rappelle qu’il s’agit d’une configuration de course.
Le refroidissement est sécurisé par des durites silicone Boano et un ventilateur. Le maître-cylindre d’embrayage reçoit une extension de réservoir afin d’augmenter le volume de fluide et de limiter l’échauffement. Ce petit composant montre la priorité donnée à la constance sur toute une journée plutôt qu’au seul gain de puissance.
Un freinage très personnel
La TM combine un frein avant Brembo et un frein arrière Nissin, une architecture habituelle sur les motos de la marque. Pichon utiliserait très peu le frein arrière, au point qu’un jeu de plaquettes pourrait durer presque toute une saison. À l’avant, un disque flottant Ferodo assume donc l’essentiel du travail.
Ce choix n’est pas un conseil universel. Il reflète une technique de pilotage individuelle. Un amateur ne doit ni neutraliser son frein arrière ni reproduire une répartition extrême sans encadrement. L’intérêt éditorial est de montrer jusqu’où une moto d’usine s’adapte aux habitudes de son pilote.
Les protections et points de contact
Boano fournit plusieurs éléments : protection de disque arrière, guide-chaîne, sabot Cross Pro prolongé sous la biellette, durites et repose-pieds Racing Steel. La housse de selle OneGripper améliore le maintien. Les guidons Reikon conservent un positionnement conventionnel, aligné avec l’angle de la fourche.
Même les plastiques font l’objet d’un choix précis. Lors de l’observation au pays de Galles, Pichon utilisait les anciens ouïes de radiateur, environ 2 mm plus étroites de chaque côté autour de la boîte à air. À ce niveau, le contact des jambes avec la moto justifie des décisions invisibles pour la plupart des pratiquants.
Ce que l’on peut retenir pour une TM de série
- privilégier un réglage cohérent de l’ensemble plutôt qu’une pièce isolée ;
- adapter les suspensions au style et au terrain, pas à une idée reçue sur le niveau ;
- protéger le refroidissement, la biellette et la transmission en usage intensif ;
- respecter l’homologation sonore et routière hors compétition ;
- ne pas copier la géométrie ou les habitudes de freinage d’un pilote professionnel sans essais encadrés.
Cette TM montre que la sophistication d’une moto de Grand Prix peut résider dans la précision. Pour découvrir la base de la gamme, consultez notre essai de la gamme TM Enduro 2027 et le dossier sur les évolutions et tarifs TM Moto Enduro 2027.
Questions fréquentes
Le moteur de la TM 300FI EN de Zach Pichon est-il entièrement usine ?
Selon Enduro21, il reste très proche de la série, avec notamment une finition de culasse et un silencieux de motocross.
Pourquoi le bras oscillant est-il allongé ?
Les 10 mm supplémentaires visent à apporter plus de stabilité. Cette modification fonctionne avec les autres réglages de châssis.
Peut-on commander la fourche utilisée par Pichon ?
La fourche KYB double cartouche « Special » fait partie des options usine évoquées par TM. La disponibilité exacte doit être vérifiée selon le modèle et le marché.


